FAQ

– Quelques questions qui reviennent fréquemment –


Durabilité

À quel point l'industrie de la couleur est-elle polluante ?

Aujourd’hui, presque toutes les couleurs utilisées dans l’industrie proviennent du pétrole. Le secteur qui en consomme le plus est le textile, qui utilise 1 million de tonnes de colorants chaque année ! 

En quoi votre technologie est-elle meilleure pour l'environnement ?

Les colorants PILI sont moins polluants que les colorants pétrochimiques classiques, principalement parce que le processus de production que nous développons est beaucoup plus propre. Chaque kilogramme de colorant pétrochimique nécessite l’utilisation de 100 kg de pétrole, 10 kg de produits chimiques toxiques et de 1 000 L d’eau, ainsi que beaucoup d’énergie pour chauffer à haute température. Pour la même quantité de colorants, nos micro-organismes ne nécessitent aucun pétrole, aucun produit chimique, utilisent environ 5 fois moins d'eau et beaucoup moins d’énergie car ils produisent à température ambiante. 

Est-ce vraiment mieux pour ma santé ?

Nos colorants sont non carcinogènes, car sans PCA (Polycondensed aromatic compounds

En quoi sont-ils renouvelables ?

Nos colorants sont renouvelables car nous utilisons des sources de carbone renouvelables comme matières premières pour nourrir nos micro-organismes et leur faire produire des couleurs. Nos premières souches utilisent le sucre comme matière première (qui peut être replanté contrairement au pétrole) et nous menons actuellement des recherches pour permettre à nos microbes d’utiliser directement des déchets agricoles comme matière première. 

Technologie

Vos bactéries sont-elles dangereuses ?

Absolument pas ! Elles sont aussi inoffensives que celles que vous avez dans votre corps, qui vous aident à digérer et vous protégent. La plupart de vos bactéries sont même vitales ! Ici aussi, les bactéries deviendront bientôt de précieuses alliées pour continuer à fabriquer des couleurs sans endommager la planète !

Des colorants naturels ?

Nos colorants sont naturels dans la mesure où ce sont des bactéries qui les produisent et non des procédés chimiques polluants. Mais ils n’auraient aucun intérêt si nous nous arrêtions là car leur coût serait trop élevé, leur performance trop faible. Nous améliorons donc ce processus naturel (en le rendant plus puissant, moins consommateur d'énergie…) avec les outils de la biologie synthétique. C’est une véritable collaboration entre ce que la nature peut nous offrir et ce que les humains peuvent faire pour l’améliorer d’autant plus.

Pourquoi ces bactéries produisent des colorants ?

Nous avons peu d'informations sur l'utilité des colorants bactériens. Certaines sont utilisées par les bactéries pour leur activité biologique, d'autres peuvent être un moyen de stocker du carbone et de l'énergie, tandis que d'autres ne sont probablement qu’un artéfact de l’évolution.

Y a-t-il des bactéries dans le produit final ?

Non, il n'y a plus de bactéries dans le produit final : elles restent dans le bioréacteur, nous n'extrayons que les colorants.

Est-ce éthique de faire travailler les bactéries pour nous ?

Les bactéries ne travaillent pas chez PILI, pas au sens où on entend le travail chez les êtres humains en tout cas. En fait, elles font leur vie, 24h sur 24, tout comme dans vos intestins, sur votre peau, dans votre bouche… ! Les bactéries veulent simplement être nourries, être à la bonne température pour pouvoir se reproduire. Elles sont heureuses ainsi, elles ne cherchent pas à porter de nouveaux projets ni à parcourir le monde. Nous devrions accepter que leurs aspirations ne sont pas les notres.

Est-ce que vos bactéries ont un accent français du fait qu’elles vivent dans le sud de la France?

Nous ne pouvons pas encore répondre avec certitude mais nous menons l’enquête vous tiendrons au courant.

Produit

Quand trouverons-nous vos colorants sur le marché ?

Travailler avec le vivant est très puissant mais prend du temps. Nous espérons avoir une première gamme de colorants sur le marché d’ici 2021.

Quels sont les principaux problèmes que vous devez résoudre ?

Nous travaillons à la fois sur l'élargissement de la palette de couleurs et sur la mise à l'échelle des procédés. C’est principalement une question de temps. Heureusement, nous progressons vite grâce à une équipe très talentueuse!

Cela sera-t-il plus cher que les teintures actuelles ?

Non. Notre technologie est certes radicalement nouvelle dans le domaine des colorants, mais elle repose sur les mêmes procédés actuellement utilisés dans d’autres industries. Lorsque nous simulons les prix de notre technologie à grande échelle, nous obtenons des prix qui sont dans la même fourchette que les colorants pétrochimiques.

Pourquoi personne n'a créé cette technologie avant vous ?

Les colorants pétrochimiques sont si performants et si bon marché que personne ne pouvait imaginer une meilleure technologie de la couleur. Ce n’est que très récemment que les problèmes de pollution ont commencé à faire prendre conscience des dégâts de la pétrochimie. La question des colorants est arrivée très tardivement car nous nous sommes d'abord inquiétés de la pollution visible (plastique, air…)

Est-ce que vous travaillez également sur d'autres applications telles que les encres, les cosmétiques, les plastiques ?

Oui nous n’écartons aucun secteur mais nous travaillons en priorité sur une technologie de colorants adaptés au textile (il s’agit de la deuxième industrie la plus polluante !) car c’est là que les volumes de colorants utilisés sont les plus importants donc c’est là que nos colorants auront le plus de sens pour soulager la pollution des écosystèmes

Histoire

Que signifie PILI ?

Les pili sont les appendices que certaines bactéries ont sur leur corps. Elles l'utilisent pour contacter d'autres bactéries afin de communiquer. Leur langage est le langage de l’ADN. Elles échangent des fragments d’ADN afin de disposer de nouvelles capacités. Nous avons appelé notre entreprise PILI parce que nous aimons à penser que nous serons nous aussi un organisme capable d’apporter à d’autres organismes, des solutions qu’elles ne connaissaient pas et qui leur donneront un avantage, notamment sur le plan environnemental !

Comment et quand avez-vous eu cette idée?

Tout a commencé début 2012 lors d'une conversation entre un biologiste, Thomas Landrain, et une designer, Marie-Sarah Adenis. Ils ont réalisé à quel point les encres étaient polluantes et ont décidé de créer un stylo semi-vivant, autonome en production de colorant. Ce stylo serait rempli de bactéries, qu’il suffirait alors de nourrir pour obtenir de l'encre, de manière potentiellement infinie. C’était donc par une fiction que tout a commencé!

Organisez-vous toujours des ateliers pour adultes et enfants?

Non, car cela prend beaucoup de temps et même si nous avons adoré faire cela, ce n’est plus le cœur de notre mission qui est désormais de rendre cette technologie viable, et accessible. Nous nous concentrons donc à 100% sur le développement de cette technologie pour la rendre disponible le plus rapidement possible. Les ateliers ont été un moment fort de cette aventure, sensibilisant à la biologie et permettant de défaire la mauvaise réputation des microbes. Nous abordons désormais le versant industriel, qui est beaucoup plus complexe et difficile mais dont la portée est gigantesque. Mais nous reviendrons à la dimension pédagogique et contemplative car elle fait partie de notre ADN et fait clairement partie des points forts d’une sensibilisation aux enjeux environnementaux.

Comment ce projet pédagogique et artistique est-il devenu un projet industriel ?

Lorsque nous avons réalisé que cette technologie pouvait constituer une alternative crédible à la pétrochimie, nous avions besoin d’une véritable stratégie scientifique et commerciale. C’est à ce moment-là que nous avons rencontré Jérémie Blache, notre actuel PDG, et Guillaume Boissonnat, notre directeur scientifique. Et c’est à partir de là que l’aventure scientifique et industrielle a pu commencer à prendre son envol !